Bas-Warneton: 40 ans d’existence pour la maison d’accueil pour femmes en difficulté « L’Oasis »

La maison d’accueil pour femmes en difficulté « L’Oasis » célèbre ses 40 ans d’existence cette année.

A cette occasion, les dirigeants et le personnel proposaient de venir visiter le centre jeudi et vendredi dernier.

Crée en 1979 par les sœurs Dominique, Jeanne et Vivianne, le centre accueillait exclusivement des enfants et c’est en 1998 que le centre a accueilli la première femme en difficulté. Depuis les choses ont bien changé et le centre n’y a pas échappé.

Géré par Monsieur Patrick Chauvin et son équipe, l’Oasis est agrée par la Région Wallonne pour accueillir 25 personnes et est subsidié pour 16 personnes en maison d’accueil. L’Oasis est le seul centre à proposer des studios et non des dortoirs !

En ce moment ce sont 10 femmes et 13 enfants qui occupent les différents studios et maison de vie communautaire entourée d’une équipe de 5 éducatrices, d’une assistante sociale, d’une personne à l’animation et d’un concierge et du directeur. « Avant tout c’est un travail d’équipe » nous dit Patrick Chauvin ! 

A leur arrivée, chaque femme qui reçoit le nécessaire pour vivre décemment. Les studios sont équipés de kitchenettes équipées, d’un salon-salle à manger et d’un espace pour dormir. Dans l’urgence l’oasis est capable de fournir le nécessaire comme la vaisselle mais aussi des denrées non périssables.  A la différence d’autre centres ou maison d’accueil, l’Oasis ne fournit « que » le gîte. Les résidentes ne paient qu’un loyer pour occuper les studios et doivent faire leurs courses et repas elles-mêmes. Une maison de vie communautaire est également disponible. C’est une maison comme une autre mais elle est partagée par plusieurs résidentes à l’exception des chambres. Une assistante sociale les aide a remplir les documents administratifs et autres démarches nécessaires. « Nous tentons de leur donner une ouverture sociale à Comines-Warneton, d’une part pour la scolarité des enfants afin qu’elle reste stable, mais aussi pour que les différents réseaux restent durables. Pour le suivi administratif après leur départ, c’est aussi plus facile pour nous. »

Chasser les idées reçues

Contrairement aux idées reçues et aux fausses rumeurs parfois répandues, l’Oasis n’accueille pas que des femmes battues, des étrangers ou autres migrantes ! Certaines femmes sont là pour cause de séparation et dont la vie avec leur compagnon est rendue impossible, d’autres pour des accidents de la vie… L’oasis accueille effectivement des femmes étrangères mais en situation régulière ou en voie d’être régularisées et actuellement elles ne sont que deux ! La maison d’accueil n’est pas une prison ! Les femmes peuvent sortir la journée jusqu’à 21h00 en semaine et jusque 23h00 le week-end. Elles sont tout à fait libres de sortir avec leurs enfants et de rendre visite à leurs familles ou à leurs amis.

Les papas ne sont pas oubliés !

Les règles en matière de garde ont bien évoluées et on assiste désormais très souvent à la garde alternée. L’équipe s’est adaptée à cette nouvelle ère, notamment dans ses horaires de travail. Une salle de visite pour les papas est également ouverte afin de garder le lien entre les enfants et leur papa. Cette salle devrait bientôt être rénovée et améliorée afin d’en améliorer le confort. 

Des formations, collaborations et activités et projets futurs.

L’Oasis collabore avec de nombreux organismes sur l’entité de Comines-Warneton. Outre les institutions officielles type CPAS ou Lysco, de nombreuses associations et institutions ont accepté de collaborer à l’amélioration de vie des résidentes. Agora-Jeunes (qui aide à l’éduction des enfants) , Aqua-Lys, le Lion’s, l’AGISC, la MJC, Carpe Diem, la Bibliothèque, la Croix-Rouge et sa Vesti-Boutique…et bien d’autres encore. « Des discussions sont en cours avec le musée de la rubanerie et en septembre, une institutrice de Saint-Henri devrait venir donner des cours de citoyenneté » ajoute Patrick Chauvin. « Le Lion’s nous permet  une sortie à Bellewaerde et la Saint-Nicolas pour les enfants, et nos résidents ont de nombreuses réductions voir la gratuité à la piscine, la bibliothèque ou dans d’autres infrastructures ».  

Côté activités, le panel est assez large. Que ce soit des activités culinaires, sportives avec du yoga, du stretching ou encore des séances de self-défense pour femmes, du tricot, crochet et couture avec une bénévole et même des activités pour enfants, il y a des activités tous les jours ! Les femmes qui n’ont pas d’emploi ou de formations sont obligées de suivre au moins deux de ces activités chaque semaine. Pour les enfants, un espace de jeux extérieurs est disponible dans la cour. La maison d’accueil a récemment fait l’acquisition de vélos pour aller faire des balades en familles. L’Oasis accepte également les dons de vêtements et autres jouets pour autant qu’ils soient encore en bon état. (N’hésitez pas si vous avez des choses qui pourraient faire plaisir aux familles). Les vêtements qui ne sont pas distribués sont automatiquement donnés à la Croix-Rouge pour la vesti-boutique !

Côté emploi et formation, c’est avec le CPAS, la Régie des Quartiers de Comines et le centre d’insertion La Ferme que la collaboration s’est faite. Le CPAS demande de suivre des formations et propose aux résidentes de les suivre dans les organismes précités. « Le but est de les relancer et les aider à retrouver une vie « normale », nous les accompagnons d’ailleurs après qu’elles aient quitté l’Oasis et pour une durée de 6 mois notamment quand elles ont une maison Lysco ».

Dans le futur, l’Oasis souhaiterait renouveler le parc de jeux d’extérieurs. Et le don du Lion’s après le Swimmarathon et le chèque remis par Madame la Bourgmestre après sa participation au jeu « Septante et Un » y contribueront fortement. Pour les jeux de psychomotricité, Patrick Chauvin tenait à nous raconter comment ils ont été obtenus : «  C’est une dame qui a eu un bébé et qui, plutôt que de faire une liste de cadeaux de naissance a préféré ouvrir un compte où l’on pouvait faire des dons ! Cette dame nous a offert l’intégralité des dons et cela nous a permis d’acquérir ces jeux ».  

Vous le voyez, l’Oasis n’est pas qu’un bête centre où l’on accueille tout le monde et n’importe qui ! C’est une réelle chance pour ces femmes qui ont une histoire douloureuse et qui souhaitent retrouver une vie normale ! Entourées d’une équipe formidable, elles reçoivent toutes les clés d’une réinsertion et d’un avenir meilleur !

Lors de notre visite, nous avons souhaité respecter l’intimité et l’anonymat des résidents. Nous avons donc choisi de ne photographier que le personnel ainsi qu’un groupe de visiteurs.

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