France: Grève au SAMU de Lille, quel impact pour Comines-Warneton ?

Depuis Avril, les services d’urgence des hôpitaux français qui nous entourent ont décidé de ne plus taire les graves difficultés qu’ils rencontrent.

Salaires très inférieurs à la moyenne européenne, fermetures de services, manque de lits d’aval*, problèmes liés à sécurité de leurs locaux, les demandes sont nombreuses mais pleines de bon sens. L’état français semble avoir abandonné ses services de soins d’urgence, et les personnels hospitaliers n’en peuvent plus de devoir assurer un service toujours plus important avec des bouts de ficelles.

Réunis dans le Collectif Inter-Urgences, au-delà des désaccords entre syndicats, ils se mobilisent dans le Nord chaque semaine face aux Urgences du CHU de Lille, et ont aussi su faire le « buzz » avec une reprise très partagée de l’Canchon Dormoire, que vous connaissez mieux sous le nom de P’tit Quinquin. https://www.lavoixdunord.fr/625427/article/2019-08-16/urgences-le-personnel-du-chr-de-lille-reprend-le-p-tit-quinquin-pour-alerter

Les difficultés à recruter et à pourvoir les plannings ont conduit cet été le SMUR de Tourcoing à « fermer des lignes de garde » la nuit. En clair, à déléguer à Lille ou Roubaix l’activité de leur secteur d’intervention… secteur qui couvre aussi parfois la Belgique puisque la coopération entre services de secours français et belge est omniprésente le long de la frontière.

Des risques pour Comines-Warneton ?

Notre entité est couverte, en cas d’absence de nos équipes médicales, par le SMUR d’Armentières, pour ce qui concerne le Bizet et Ploegsteert, mais aussi parfois par Tourcoing pour l’est de l’entité. A l’heure actuelle, les lignes de gardes armentiéroises sont assurées, et le risque de devoir faire intervenir des équipes médicales plus lointaines semble écarté. Il convient d’ailleurs de mettre en avant l’excellente qualité de cette coopération franco-belge dans le domaine du secours à personnes, qui vient de s’étendre par des accords nationaux aux Sapeurs-Pompiers, bel exemple de ce que nous apporte l’Union Européenne.

Quid du service de régulation des appels au 15 ?

En France, c’est le « 15 », numéro d’appel au SAMU, qui gère les demandes d’ordre médical.
Depuis le mardi 27 Août, les Assistants de Régulation Médicale du SAMU59 (ceux qui vous répondent dans un premier temps au « 15 »), déjà grévistes aux côtés de leurs collègues d’Inter-Urgence, ont entamé une grève reconductible. Ils manifestaient hier devant la mairie de Lille (Martine Aubry, Maire de Lille, est présidente du Comité de Sécurité du CHU de Lille).
En effet, le Ministère des Solidarités et de la Santé a décidé, pour apaiser la colère des services d’urgence, d’octroyer une prime de 100 euros mensuels à tous les agents… enfin, presque tous, puisque sont exclus du versement de cette prime les Assistants de Régulation Médicale.
De quoi provoquer une colère forte chez ces agents, premiers maillons de la chaîne de l’urgence, comme l’indique les descriptifs ministériels de leur poste.
Comme partout à l’hôpital public français, les agents sont réquisitionnés les jours de grève, et c’est donc la quasi-totalité des agents en repos qui est allée crier sa colère face au beffroi lillois.
Reçus par l’adjointe au Maire de Lille, Madame Marie-Christine STANIEC-WAVRANT (Mme Aubry était empêchée ce jour pour raisons personnelles), ils ont trouvé une oreille attentive, et un soutien clairement exprimé, qu’ils ont retrouvé également dans les propos du Député Adrien Quatennens, intervenu sur le parvis.
Même si la réquisition limite fortement leur mobilisation mais aussi l’impact possible de leur grève, il est à craindre une augmentation des temps d’attente lors des appels au SAMU, ce qui pourrait très ponctuellement ralentir le départ des secours. Ceux-ci ont en effet collectivement décidé de ne plus venir remplacer les personnels malades, et de n’assurer que leurs gardes.
La Braderie de Lille approchant à grands pas, ils demandent à Mme Agnes Buzyn, Ministre de la Santé, une réaction forte et rapide aux demandes qui lui ont été faites. Les risques d’un durcissement du mouvement ne peuvent à l’heure actuelle être écartés.

* lit d’aval : quand un patient quitte les urgences pour être hospitalisé, il doit être placé dans un service adapté. Nombreux sont les services qui ont fermé, définitivement ou pour l’été, et il devient difficile de trouver un endroit pour accueillir le malade. Ce sont ces « lits d’aval » que réclame entre autre le Collectif Inter-Urgences, lits qu’il faut également armer en personnels de santé.
Si le patient ne peut être orienté ailleurs, il reste sur un brancard aux urgences, ce qui impacte le Centre 15 puisque les médecins du SAMU doivent eux trouver des lits aux urgences pour les malades pris en charge, augmentant donc le temps d’attente pour la régulation de l’appel et au final pour le décroché du 15.

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