Interview croisée de Naëlle et Violette qui marchent pour le climat !

Sur notre photo : Naëlle à gauche et Violette à droite

Elles ne se connaissent pas, nous sommes allés les rencontrer séparément, ne sont pas du même pays, et pourtant elles marchent.

Une marche qui dépasse les frontières pour un objectifs commun : tout faire pour que la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution soit le sujet central de la politique des années à venir. Une marche aussi pour que cette prise de conscience collective, étatique, soit individuelle. Interviews croisées que nous vous proposons réunies ici :

Bonjour Naëlle, bonjour Violette.Vous avez gentiment accepté de nous répondre quand nous cherchions des étudiants ayant participé à la marche pour le climat. Vous pouvez nous parler un peu de vous ?

N: Je m’appelle Naëlle, j’ai 14 ans, je suis en troisième (ndlr : troisième secondaire en Belgique). J’habite à Houplines (France). Je fais de théâtre et de la musique depuis 6 ans.

V:  Je m’appelle Violette, j’aurai bientôt 17 ans. Je suis de Comines (Belgique), je fais de l’impro. Je suis en 5eme générale à l’institut Saint-Henri (ndlr : 1ere en France).

Pourquoi vous participez à ces marches pour le climat ?

V: Je marche avec les autres car je veux que les choses changent et je suis persuadée que le seul moyen de se faire entendre aujourd’hui est d’aller marcher dans la rue pour montrer que nous sommes là et que nous avons aussi notre mot à dire car c’est notre futur qui se joue en ce moment.

N: Je participes à ces marches parce que ma génération va être la première touchée par ce dérèglement climatique et que je pense que ces marches sont des actions collectives qui peuvent être efficaces 

Quand avez-vous pris conscience de l’importance de l’action individuelle dans ce domaine ?

N: Quand j’étais toute petite. Je me souviens dire à ma mère de fermer le robinet quand elle se lavait les dents ou de ne plus vouloir prendre de bain mais que des douches. Je viens d’une famille qui m’a toujours dit que faire attention à l’écologie c’était très important.

V: Depuis mon plus jeune âge car nous sommes sensibilisés à faire des actions individuelles à l’école même si on ne se rend pas compte tout de suite de l’importance que cela peut avoir.

Vous ne croyez pas que ces petits gestes qu’on demande à chacun, c’est surtout pour exonérer les grands pollueurs de leurs responsabilités ? Du coup, ça sert à quelque chose ?

V: Oui c’est clair mais cela ne veut pas dire que cela ne sert à rien et qu’il faut continuer à consommer et polluer en attendant que les grands pollueurs baissent leur emprunte écologique car à ce moment-là ce n’est pas productif et on n’avancera jamais. Il faut continuer les actions individuelles tout en mettant la pression pour que des mesures soient prisent contre les grands pollueurs.

N; Certainement, mais ces gestes sont aussi demandés par des gens qui ne polluent pas. Chaque action sert  toujours aussi minime soit-elle, je pense que montrer aux gens qu’ils peuvent faire ces petites choses et protéger l’environnement ça peut leur donner confiance pour mener des actions collectives, c’est comme ça que ça a marché pour moi.

Qu’est ce que vous auriez envie de dire aux gens qui dirigent votre ville, votre région, le pays, la planète ? Qu’est ce que vous leur reprochez, aux dirigeants mais aux gens de ma génération aussi ?

N: J’ai envie de leur dire d’arrêter de nous faire croire qu’ils s’intéressent à l’écologie et au climat, on le voit bien qu’ils parlent et ne font rien, j’ai envie de leur dire que la jeunesse est un bon support parce qu’elle a des idées intéressantes et qu’il ne faut pas hésiter à s’appuyer sur cette jeunesse. Je  reproche à ta génération son inaction, les scientifiques alertent sur le climat et sur l’écologie depuis des années et personne ou presque n’a rien fait ou si peu et je reproche aux dirigeants leurs mensonges et leur non-intérêt en matière d’écologie, je crois profondément que l’écologie soit bien le dernier de leurs soucis.

V: J’aimerais leur dire à tous qu’il faut agir vite ! D’après le GIEC il nous reste 10 ans pour changer alors il n’y a pas de temps à perdre ! La question climatique devrait être la première préoccupation de tous les gouvernements, car ça ne sert à rien de faire baisser le taux de chômage, de faire du commerce international, … si nous n’agissons pas dans les 10 ans nous sommes partis pour avoir une crise économique comme on en n’a jamais connu, une famine mondiale, de gros problèmes de santé publique, …Je reproche aux dirigeants de ne pas avoir agit assez vite. Depuis les années 70 ils sont conscients du problème mais ils n’ont pas agi. S’ils avaient tout de suite agi la transition aurait pu se faire en douceur mais non, ils pensaient qu’ils avaient le temps..C’est faux et maintenant nous devons agir d’urgence alors que tout cela aurait pu être évité il y a déjà des années, bien avant ma naissance même. Quant à votre génération on ne peut pas vraiment vous en vouloir. Vous avez été les enfants de la surconsommation mais vous avez le pouvoir de changer les choses. Alors saisissez cette chance afin de pouvoir offrir à vos enfants un meilleur avenir.

Et vous ? Votre relation avec l’écologie ? Je veux dire, c’est quand même IPhone et McDo ? Ou vous faites déjà attention à ce que vous  consommez ?

V: Cela peut paraître étonnant mais les produit Apple ont une empreinte écologique bien plus faible que d’autre marque d’appareil électronique tel que Samsung, LG ou encore Huawei d’après un rapport Greenpeace de 2017. Mais de toute manière j’ai un iPhone reconditionné, ce qui réduit à zéro l’emprunte carbone de mon achat.Quant au McDo et toutes les autres chaînes de fast-food j’essaie d’éviter le plus possible en consommant de manière plus responsable et plus locale.

N: C’est un peu compliqué de vivre sans smartphone à notre époque, mais j’essaye de faire attention.  Je suis devenue végétarienne il y a bientôt  3 ans, je mange bio et local. J’essaye de me déplacer le plus possible en transport en commun ou à pieds.

Une figure médiatique qui vous inspire ?

N: Greta Thunberg est inspirante au possible, elle a du courage, de la motivation et de l’énergie, c’est fou ! Elle devrait être un modèle pour tous les jeunes de ma génération.

V: Non, même si le courage de Greta face à l’élite mondiale est à saluer !

Naëlle, Tu es engagée politiquement dans le mouvement Génération.S qu’a lancé Benoît Hamon en France, et qui s’associe par exemple à des mouvements comme Diem25 que l’on retrouve en Belgique. Que penses tu de l’engagement des plus jeunes en politique ?

N: Je pense qu’on répète trop souvent aux jeunes qu’ils ne doivent pas avoir d’avis ou que leur avis ne compte pas, on leur fait perdre confiance en leurs idées et ils n’osent pas s’engager. Mais depuis peu, les jeunes commence à prendre en main les sujets comme l’écologie et s’engagent de plus en plus et c’est chouette.

Pourquoi as tu choisi ce mouvement, et pas un engagement chez EELV (le pendant français de Écolo) par exemple ?

N: Je suis venue chez Génération.s après avoir entendu les propositions de Benoît Hamon sur le revenu universel par exemple, pour moi, EELV manque de propositions sociales, il faut une justice écologique certes mais couplée avec une justice sociale.

Violette, de ton côté, tu as eu quelques contacts récents avec nos politiques ?

Oui, j’ai eu la possibilité de rencontrer les présidents de partis wallons à Namur. De tous, c’est Paul Magnette qui m’a semblé le plus cohérent et à l’écoute.

Demain, vous devenez Premier Ministre de Belgique ou Présidente en France, votre première mesure en faveur de l’écologie ça serait quoi ?

V: Prendre des mesures plus concrètes contre les industries polluantes de Belgique, taxer les produits issus des grandes industries polluantes et favoriser la culture écologique, l’élevage responsable (surtout à Comines). Je demanderai aux autres pays européens de taxer d’avantage le carburant des avions.

N: Une mesure à court terme comme la gratuité des transports je pense. Après c’est difficile de classer les choses à faire, il y en a tellement.

Vous auriez un conseil à donner à nous, les vieux ? Et aux jeunes de votre génération et de celle qui vient ?

N: Écoutez les jeunes, croyez en eux, ils ont bien plus de ressources qu’on ne le croit et aidez les parce qu’ils ont besoin de vous aussi par avancer. Ayez confiance en vous. Ce n’est pas parce que certains nous disent que nous sommes trop jeunes qu’on ne peut pas savoir, c’est pour nous qu’on se bat ! Puis écoutez les vieux, ils n’ont rien fait mais ils ont de l’expérience et des idées.

V: Consommez plus local, allez chez le maraîcher de la ville plutôt que d’acheter des Pink Lady qui ont voyagé 20000 km en avion pour arriver dans nos rayons. Arrêtez les bouteilles en plastique privilégiez les bouteilles en verre pour vos sodas et eaux, et utiliser une gourde. Privilégiez le vélo ou se déplacer à pieds pour les trajets courts. Et pour les trajets longs prenez le train ou même la voiture si possible ça polluera toujours moins que de prendre l’avion.

Merci à toutes les deux. Nous espérons que votre message d’appel à la responsabilité individuelle comme collective sera entendu. Merci de nous mettre face à nos responsabilités également. Merci pour ce message d’espoir enfin. Car oui, si l’on s’y met ensemble et tout de suite, nous pouvons changer le monde présent mais aussi à venir.

Franck Clarion (pour Violette) – G.C. (pour Naëlle)

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