Interview de Marick: Béninois, Cominois, menacé d’expulsion

Bonjour Marick. Malgré toi, tu fais l’actualité locale depuis plusieurs jours. Pour contextualiser un peu, voilà 13 ans que tu vis à Comines-Warneton, tu y as fais une partie de tes études, de ta formation, et toute ta vie professionnelle et sociale.  Mais voilà, les services de l’immigration belges te refusent un titre de séjour. Avant de discuter de tout ça, tu pourrais nous parler un peu du Bénin, ton pays d’origine et de ton arrivée à Comines ?

Le Bénin est un pays enclavé d’Afrique le l’Ouest de 11 millions d’habitants, un pays avec plusieurs religions tel que le Christianisme, l’Animisme etc… Le Bénin à une très grande culture basé sur le Vaudou. Encore aujourd’hui les pratiques religieuses sont très importantes, qu’elles soient traditionnelles ou modernes. Le Bénin est un pays pauvre avec très peu d’évolution tant sur le plan éducatif que technologique.

Je suis arrivé en Belgique en Novembre 2006, Suite à un échange culturel entre mon père Simonet Biokou (Artiste Sculpteur Forgeron) et la ville de Comines-Warneton. Mon père souhaitait que je fasse des études d’informatique au sein de l’école avec laquelle cet échange a eu lieu.  Au départ, une quinzaine de Cominois s’est engagée pour m’accueillir. Après quelques temps, comme dans la famille Marsac se trouvait un jeune de mon âge, je suis resté chez eux.

Vu du Bénin, que représentait l’Europe pour toi, et en particulier la Belgique, pays dans lequel tu allais poursuivre tes études et construire ta vie d’adulte ? 

Pour moi l’Europe était une porte de sortie vers un avenir avec la possibilité de faire des études et d’ avoir une vie différente de celle qui était proposée  sur place, c ‘est à dire avec peu d’emplois

Maintenant que tu es installé, intégré, Cominois, quel est ton regard sur notre région ? Les choses sont elles si différentes de l’image que tu avais de notre pays ?

Vous savez, quand on a juste une image de quelque chose, la réalité  est toujours différente, et donc ici dans mon cas, l’image de la Belgique est bien différente de celle que je m’en faisais, mais je me suis adapté. Quand on arrive dans un lieu nouveau  on doit faire le nécessaire pour s’imprégner de la vie de ce nouveau lieu.

La musique tient une belle place dans ta vie. Tu nous parles un peu de The Blend ?

Oui la musique est très importante pour moi puisqu’elle me permet de m’évader et surtout de rester moi même face à différentes problématiques. Le groupe The Blend est un groupe  de rock, pop-rock, blues, formé en 2008 avec des amis d’école, Romain le Bassiste, Julien le batteur et Thibaut le guitariste. Ce groupe est très important pour moi car il me permet d’avoir  de l »énergie et surtout de partager de la bonne humeur avec les gens,  leur donner de la joie  même si ce n’est que le temps d’un concert.

Sujet moins léger, qui nous amènera à parler de ta situation: on voit en Europe, un refus croissant de toute immigration. La montée du racisme, de l’entre-soi, la ressens-tu ici, à Comines ? Qu’est ce que ça t’inspire ? 

Je n’ai jamais  ressenti à Comines de discrimination, ou de racisme à mon égard, bien au contraire la population a toujours été bien accueillante et le reste aujourd’hui encore.  Je pense qu’il faut éviter de généraliser le parcours des étrangers chacun est différent de l’autre. Il vaut mieux  mettre en valeur le coté humaniste de la vie.

Comme je disais plus haut, tu es visé par un avis d’expulsion. Les citoyens de l’entité se mobilisent massivement pour que tu puisses rester ici, te citent en exemple d’intégration. Qu’est ce que tu ressens par rapport à ça ? 

Je suis touché par ces différentes réactions portées à mon égard, et je remercie toutes les personnes qui me soutiennent.  Je pense,  quand on arrive dans un lieu nouveau, s’adapter à ce nouvel environnement, et faire en sorte de s’imprégner de la vie du lieu,  des différentes cultures pour une bonne intégration mais aussi ne pas oublier le respect  de l’autre et, ensuite,  la bonne entente avec les personnes qui nous entourent vient d’elle même. 

Pour tout te dire, en 13 ans de présence, tu es sans doute plus Cominois que moi. Comment peut on t’aider dans ton combat ? 

En signant la pétition, en ligne ici ou sur papier*. Plus il y aura de signatures, plus nous aurons la chance de faire changer d’avis Madame De Block.  J’ai vraiment fait tout ce qu’on me demandait: Pour avoir une chance d’être embauché par une entreprise belge, j’ai suivi des cours pour un métier en pénurie. Deux entreprises sont prêtes à me donner un contrat… et le Ministère refuse …Je ne comprends pas les raisons de ce refus. Je n’ai jamais été à la charge  de la Belgique, je n’ai jamais rien demandé à quelques services sociaux que ce soit.  La seule chose que je demande est de travailler et de vivre en Belgique, pays que j’aime 

*La pétition peut être signée au Collège de la Lys (Saint Joseph et IND), au Collège Saint Henri et à l’Hôtel de Ville de Comines-Warneton

Interview réalisée par G.C. pour Comines-Warneton Actu – Photo reçue par Marick

Un commentaire pour “Interview de Marick: Béninois, Cominois, menacé d’expulsion”

  1. Je pense que tu ne me connais pas je suis la soeur de Jacques la marraine de Clément je me souviens de toi tu as habité chez Christine .Honte à la Belgique je suis très en colère

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